Célébrant l’automne à sa façon, le musée Jacquemart-André accueille depuis Octobre une courte mais intense rétrospective de portraits de Van Dyck, réunissant des toiles venus des plus grandes collections
internationales (L’Ermitage, Museo Thyssen-Bornemisza, Getty Museum, KunstMuseum de Vienne) et célébrant l’exceptionnel talent de portraitiste d’un des peintres les plus talentueux de sa génération. En l’espace de quarante ans, Antoon Van Dyck s’imposera en effet comme le portraitiste attitré d’abord de la bourgeoisie anversoise avant d’effectuer son voyage en Italie qui lui ouvrira les portes des demeures patriciennes de Gênes puis celle du Royaume d’Angleterre sous le règne des Stuart. Peintre virtuose qui fit ses classes dans l’atelier de Rubens en tant qu’assistant, Van Dyck se mit rapidement à son compte dans sa ville natale d’Anvers, s’inspirant tant de la tradition du portrait flamand que de la manière de la Renaissance pour réaliser les portraits de la noblesse locale, n’oubliant jamais grâce à la souplesse de son coup de pinceau de magnifier ses commanditaires et de transformer n’importe quel bourgeois argenté en auguste patricien immortalisé par la subtilité et la vivacité psychologique de sa touche. Ainsi, son “Portrait de famille” de 1620 transforme un simple portrait bourgeois (le mari, la femme, l’enfant) en trinité moderne, où l’étonnante contemporanéité des visages, la délicatesse des modelés ou la construction oblique des regards l’ensemble font échapper l’ensemble à la scène de genre et inspirent une forme de mélancolie savante, à l’image du visage de cette jeune, rond et pourtant déjà marqué par la vie. Cette première période anversoise culmine avec le “Portrait de Thomas Howard, Comte d’Arundel” de 1621, où Van Dyck, plein d’une audace toute assurée par son talent, livre un portrait presque iconoclaste, jouant de la pose du modèle, s’enthousiasmant dans la réalisation du velouté des tissus ou allant jusqu’à rendre les chairs transparentes jusqu’à en voir le bleuté des veines.
D’une technique virtuose et d’une acuité psychologique étonnante pour un artiste aussi jeune (il a tout juste vingt ans passés), ces portraits augurent de la manière Van Dyck, faite d’un talent d’observation qui n’a rien à envier à la maitrise technique. Pourtant, en dépit de cette facilité évidente à transcrire sur la toile l’intériorité de ses modèles, le jeune Van Dyck, non exempt d’une certaine arrogance (qui transparaît magnifiquement sur son “Autoportrait” de 1622, où l’artiste apparaît fiévreux, de front, le visage baigné d’une lumière hivernale, vêtu comme un aristocrate bohême du XXème siècle), se verra refuser l’accès à la cour d’Angleterre et s’en ira entreprendre entre 1621 et 1627 son voyage en Italie pour approfondir sa connaissances des maîtres italiens et puiser auprès des Bergamasques et des Vénitiens (Moroni, Titien) une nouvelle approche de la lumière et du portrait.
Ses “Portraits d’hommes” (1624) témoignent d’une évolution notable de sa façon, sa palette se nimbant d’ocre et de couleurs mordorées, mais ses sujets conservent, en dépit de leur condition sociale modeste (Van Dyck représentant souvent ses amis peintres et s’affirmant comme l’un des premiers à revendiquer la noblesse de l’artiste), une élégance aristocratique innée. Mains longues ou lourdes, toujours parées de bijoux, les hommes de Van Dyck s’avancent au monde, fiers et confiants en leur destinée forcément magnifique, le poignet reposant sur une épée qui jamais ne sera tirée. A son retour à Anvers à la fin de 1627, Van Dyck tire profit de son séjour italien et met en œuvre les nouvelles leçons qu’il en a tirées; il abandonne la stricte rigueur flamande qui commandait auparavant à son art du portrait pour humaniser ses modèles et leur conférer une sorte de grâce détachée de monde, une sprezzatura qui tranche avec l’exubérance des costumes et des parures aux couleurs somptueuses. Le Portrait de “Jacques le Roy (1631), bourgeois superbe au regard lointain absorbé par la contemplation de sa destinée, grimpant les échelons de la pyramide sociale une lettre de cachet à la main ou celui de Maria de Tassis (1630), vêtue à la française, toute entière engoncée dans une carapace sublime de soies et de velours délicats, son visage diaphane enchâssant des lèvres adolescentes sur-dramatisées rappellent à quel point Van Dyck fait du portrait un miroir déformant, magnifiant les corps et dévoilant les âmes. Les portraits de Jacob de Witte (1627-1631) ou Filippo Francesco d’Este (1634) révèlent au-delà des apparences les pesanteurs des conventions aristocratiques et l’étroitesse des horizons promis à ces petits jeunes hommes princiers, forcément princiers.
L’exceptionnelle collection de portraits anversois et de dessins et gravures lui ouvriront enfin les portes de la cour de Charles Ier, qui, dès 1633 en fera le premier peintre ordinaire de Sa Majesté. Devenu portraitiste favori de la cour, Van Dyck achèvera sa propre ascension sociale si souvent mise en scène pour ses commanditaires en se voyant anobli par le roi et titulaire d’une généreuse pension. C’est pourtant dans ces dernières années que Van Dyck poussera dans ses retranchements son art pour donner naissance à une certaine école anglaise du portrait, perpétuée ensuite au XVIIIème siècle par Gainsborough, Raeburn, Reynolds ou plus tardivement Constable. Parvenant à un subtil équilibre entre l’exigence de grandeur et une souplesse jusqu’alors absente des portraits royaux, Van Dyck sera l’un des grands artisans du renouveau du portrait en Angleterre et assurera la postérité de Charles Ier, dont le portrait officiel de 1637 offre une vision rock and roll d’un roi débarrassée de la pompe ridicule de l’Ordre de la Jarretière dont il fut pourtant l’un des ardents rédempteurs.
Exposition remarquable en dépit d’une scénographie peu adaptée à l’étroitesse des lieux, cette rétrospective agit comme un portrait en creux de l’artiste lui-même, le suivant dans ses voyages et ses rencontres, mais accompagnant aussi sa propre ascension sociale, de la bourgeoise drapière à l’anoblissement britannique, et rappelle, à qui veut bien la voir, la modernité parfois terrible des portraits de Van Dyck, reflet d’un XVIIème siècle brillant et capitaliste, bourgeois et égoïste qui inaugurera en 1689 avec la fin du règne des Stuart le sacre de l’individu et qui se révèle finalement bien peu éloigné du nôtre.
N.
“Van Dyck”, Musée Jacquemard-André, du 8 octobre 2008 au 25 janvier 2009, 158, Boulevard Haussman, 75008, Paris
Cernuschi nichée au creux de l’avenue Vélasquez, construite à sa demande par Bouwens der Boyen et dont les fenêtres ouvrent sur les frondaisons Second Empire du Parc Monceau – de la collection privée d’un mécène passionné d’art asiatique rappelle inlassablement ces grandes institutions britanniques où l’on peut flâner, nonchalant, admirer un Franz Hals de la cosy Wallace Collection ou parcourir un abrégé artistique du XIXème au Courtauld Institute. A l’exception du musée Jacquemart-André située d’ailleurs à quelques pas, aucun autre musée parisien ne sait proposer une visite si délicieusement “vieux Siècle” et si passionnément ancrée dans une époque où l’on pouvait encore être banquier et avoir du goût, conjuguer fortune et élégance discrète.

cultures primitives, cette collection est aussi le résultat d’une dynastie familiale: dès le début du XXème siècle, Josef Mueller, collectionneur genevois d’abord féru de peinture (il possédait dès l’âge de 23 ans des chefs-d’oeuvre de Cézanne, Van Gogh, Picasso ou Juan Gris…), s’initia aux “arts lointains”, précolombiens d’abord, sous la férule du grand marchand d’art Josef Brummer (collection qui constitue le fonds exceptionnel présenté au Musée Barbier-Mueller de Barcelone), puis, influencé par les peintres de Montparnasse dont il achetait les toiles, à “l’art nègre”, qui dès 1905-1910 commença à bouleverser les conceptions esthétiques des artistes européens (initiant notamment la 
indifférent la critique.S’inspirant de textes de Foucault ou de Kafka, Forsythe poursuit son travail de déconstruction des formes et des langages et s’attache à trouver un signe-primaire, tout comme bacon recherche le visage-visage. Une telle entreprise ne pouvait faire l’unanimité et la
dire son malaise face au recours à la technique de l’animation pour rendre compte de ce que fut l’expérience de soldats israéliens plongés au sortir de l’adolescence, encore pleins de frustrations, de vitalité et de frayeurs enfantines, dans une guerre sans propos, riches de massacres et mère de tous les cauchemars quotidiens de Cisjordanie, de Tel-Aviv ou d’ailleurs… Comment alors user de l’animation pour raconter les massacres de Sabra et Chatila?
des traders….
maître, la chorégraphe et historienne de la danse américaine est parvenue à reconstituer en quasi-intégralité la chorégraphie originale du Sacre du Printemps telle qu’imaginée en 1913 par Vaslav Nijinski. Ce joyau brut, radical, dont la modernité abrupte, presque primitive, avait créé le scandale dans le Paris de l’avant-guerre et s’était vue déprogrammé après seulement huit représentations, avait vu sa chorégraphie longtemps évanouie dans l’ombre de la polémique et sa puissance originelle oubliée, travestie par des mises en scène conventionnelles et prophylactiques. Représentée dans sa forme initiale en 1987 par le Joffrey Ballet à Los Angeles, la chorégraphie de Nijinski est ici interprété par le ballet du Théâtre Mariinski (l’ex-Kirov de l’ére soviétique) à l’occasion des Nuits blanches de Saint-Pétersbourg.
pas dans le monde du Web mais grand pas pour le petit monde de mes récits
tient sur l’épaisseur d’une ombrelle chinoise (To reconnaissant lui-même qu’il laisse volontiers l’écriture de ses scénarios à de meilleurs auteurs que lui, à commencer par Yau Nai Hoi, son scénariste attitré, notamment sur “Election 1” et “Election 2” et récemment passé à la réalisation avec le superbe “


ce qui allait devenir le rock stoner pour les critiques avides d’étiquette. Kesaco, rock stoner? Mélangez : 1) un peu de Black Sabbath saupoudrée de Soundgarden, pour la rythmique lourde, reptilienne et quasi hypnotique, 2) un peu de 70s psychédélique jamais à l’abri d’une expérimentation sonore, 3) la puissance sourde d’un heavy metal préhistorique et 4) le formidable sens de la mélodie de Josh Homme, génial leader de Kyuss et fondateur de Queens of the Stone Age. Ajoutez-y un grain de folie propre au désert californien de Palm Springs et vous obtiendrez un son inouï, stoner parce que “défoncé” (au sens propre et figuré, la consommation de stupéfiants des membres du groupe étant notoire) et incroyablement musical. Bref, un des albums les plus importants des 10 dernières années, pour la simple et bonne raison qu’il a influencé une grande partie de la scène rock et indépendante, à commencer par le “In Utero” de Nirvana, écrit sous très haute influence des hommes du désert.
néophytes que nous avons affaire ici à l’un de ces groupes de hurleurs scandinaves adeptes d’un heavy metal extrême et vociférateur…. Que nenni !! puisque le nom trompeur du groupe vient d’une discussion arrosée entre le barré Jesse “The Devil” Hughes, fondateur du groupe et Josh “Baby Duck” Homme, songwriter et leader sus-cité de