La collection Barbier-Mueller peut se targuer d’être l’une des plus belles, si ce n’est LA plus belle des collections privées d’arts africains et océaniens. Fruit d’une insatiable passion pour la découverte des
cultures primitives, cette collection est aussi le résultat d’une dynastie familiale: dès le début du XXème siècle, Josef Mueller, collectionneur genevois d’abord féru de peinture (il possédait dès l’âge de 23 ans des chefs-d’oeuvre de Cézanne, Van Gogh, Picasso ou Juan Gris…), s’initia aux “arts lointains”, précolombiens d’abord, sous la férule du grand marchand d’art Josef Brummer (collection qui constitue le fonds exceptionnel présenté au Musée Barbier-Mueller de Barcelone), puis, influencé par les peintres de Montparnasse dont il achetait les toiles, à “l’art nègre”, qui dès 1905-1910 commença à bouleverser les conceptions esthétiques des artistes européens (initiant notamment la première révolution Picasso vers 1906-1907). Mueller accumulera en 90 ans d’existence une collection sans égale, composée de plus de 2,500 oeuvres dites “primitives”, dont la partie océanienne aura été largement acquise par son beau-fils, Jean-Paul Barbier-Mueller, qui orientera les acquisitions vers la Micronésie, l’Insulinde et les cultures australes.
La muséographie, comme souvent à Jacquemart-André, est superbe et sobre et la mise en lumière fait ressortir toute la puissance évocatrice, esthétique et spirituelle de pièces d’exception. Regroupant les oeuvres par origine géographique, l’exposition ne manque cependant pas de les mettre en résonance et de souligner la spécificité de leurs approches esthétiques respectives. Le “sceptre au cavalier”, créé vers le XIIème siècle, au sein du mythique royaume d’Ifé (actuel Nigeria) présente des traits si délicats, si naturalistes, que l’archéologue allemand Frobenius crut lui-aussi découvrir l’Atlantide de Platon lorsqu’il mit à jour les vestiges de la cité d’Ifé. Les figures-reliquaires Kota, Fang ou Sangu du Gabon affichent des traits minimalistes qui inspireront autant Klee, Ernst, Matisse que Brancusi et semblent intermédier sans façon entre le monde des hommes et la jongle des esprits. Tristan Tzara, membre fondateur du dadaïsme ne s’y trompa guère, lui qui fit l’acquisition d’un masque Beete (peebod) du Gabon (ethnie kwélé) datant du XIXème siècle, masque qui contribua à l’irruption de l’art primitif sur la scène artistique internationale, lors de son exposition au MoMA de New-York en 1935. Visage concave alternant densité du contour noir et blancheur spectrale de l’intérieur, ce masque-chouette s’organise autour d’une symétrie parfaite et inspire le mystère.

Au fil des vitrines, l’on découvre un masque double de Cote d’Ivoire, des figures féminines Sénufo d’une rare finesse, les délicates arabesques de la sculpture Sarawak d’Indonésie ou les magnétiques “objets-force” du Congo, véritables fétiches à clous, comme extraits d’un envoûtement maléfique, férocement percés d’une infini de clous et représentant des esprits zoomorphes minkisi, qui sont sollicités ainsi pour mener à bien leur mission surnaturelle. En traversant les océans, on découvre la pureté graphique des statuettes polynésiennes et micronésiennes (notamment une figure féminine du XVIIIème siècle issue des Iles Caroline dont le dessin rappelle les années 50), la violence cérémonielle des masques de Nouvelle-Guinée ou du Détroit de Torres et pour finir, la polychromie vitaliste des masques de l’archipel des Iles Bismarck, souvent surmodelés sur des crânes humains et témoignant de la nature hybride (entre rite mortuaire et rite de fertilité) d’une culture intégrant les éléments naturels (coquillages, plumes, feuilles) dans une approche artistique expressive et inquiétante.
Une visite passionnante et souvent déconcertante, comme un miroir brut et originel reflétant nos préoccupations et peurs personnelles contemporaines…
Cliquez ici pour écouter un entretien intéressant avec Jean-Paul Barbier-Mueller, relatant sa première confrontation face au “monde sauvage” de l’art primitif.
N
“Afrique / Océanie : les chefs-d’oeuvre de la collection Barbier-Mueller”, du 19 mars au 24 août 2008, Musée Jacquemart-André, 158, Boulevard Haussmann, 75008 Paris
indifférent la critique.S’inspirant de textes de Foucault ou de Kafka, Forsythe poursuit son travail de déconstruction des formes et des langages et s’attache à trouver un signe-primaire, tout comme bacon recherche le visage-visage. Une telle entreprise ne pouvait faire l’unanimité et la
dire son malaise face au recours à la technique de l’animation pour rendre compte de ce que fut l’expérience de soldats israéliens plongés au sortir de l’adolescence, encore pleins de frustrations, de vitalité et de frayeurs enfantines, dans une guerre sans propos, riches de massacres et mère de tous les cauchemars quotidiens de Cisjordanie, de Tel-Aviv ou d’ailleurs… Comment alors user de l’animation pour raconter les massacres de Sabra et Chatila?
des traders….
, une ambiance oscillant entre la frénésie des marchés aux puces et la tranquilité d’une kermesse de campagne…
maître, la chorégraphe et historienne de la danse américaine est parvenue à reconstituer en quasi-intégralité la chorégraphie originale du Sacre du Printemps telle qu’imaginée en 1913 par Vaslav Nijinski. Ce joyau brut, radical, dont la modernité abrupte, presque primitive, avait créé le scandale dans le Paris de l’avant-guerre et s’était vue déprogrammé après seulement huit représentations, avait vu sa chorégraphie longtemps évanouie dans l’ombre de la polémique et sa puissance originelle oubliée, travestie par des mises en scène conventionnelles et prophylactiques. Représentée dans sa forme initiale en 1987 par le Joffrey Ballet à Los Angeles, la chorégraphie de Nijinski est ici interprété par le ballet du Théâtre Mariinski (l’ex-Kirov de l’ére soviétique) à l’occasion des Nuits blanches de Saint-Pétersbourg.
pas dans le monde du Web mais grand pas pour le petit monde de mes récits
tient sur l’épaisseur d’une ombrelle chinoise (To reconnaissant lui-même qu’il laisse volontiers l’écriture de ses scénarios à de meilleurs auteurs que lui, à commencer par Yau Nai Hoi, son scénariste attitré, notamment sur “Election 1” et “Election 2” et récemment passé à la réalisation avec le superbe “


ce qui allait devenir le rock stoner pour les critiques avides d’étiquette. Kesaco, rock stoner? Mélangez : 1) un peu de Black Sabbath saupoudrée de Soundgarden, pour la rythmique lourde, reptilienne et quasi hypnotique, 2) un peu de 70s psychédélique jamais à l’abri d’une expérimentation sonore, 3) la puissance sourde d’un heavy metal préhistorique et 4) le formidable sens de la mélodie de Josh Homme, génial leader de Kyuss et fondateur de Queens of the Stone Age. Ajoutez-y un grain de folie propre au désert californien de Palm Springs et vous obtiendrez un son inouï, stoner parce que “défoncé” (au sens propre et figuré, la consommation de stupéfiants des membres du groupe étant notoire) et incroyablement musical. Bref, un des albums les plus importants des 10 dernières années, pour la simple et bonne raison qu’il a influencé une grande partie de la scène rock et indépendante, à commencer par le “In Utero” de Nirvana, écrit sous très haute influence des hommes du désert.
néophytes que nous avons affaire ici à l’un de ces groupes de hurleurs scandinaves adeptes d’un heavy metal extrême et vociférateur…. Que nenni !! puisque le nom trompeur du groupe vient d’une discussion arrosée entre le barré Jesse “The Devil” Hughes, fondateur du groupe et Josh “Baby Duck” Homme, songwriter et leader sus-cité de
Glass, l’un des grands compositeurs minimalistes contemporains prendra place derrière le superbe Steinway dressé au cœur de la nef du Grand Palais et entouré par les cinq stèles monumentales en acier de Richard Serra, pour un concert unique offrant un aperçu de l’ensemble de son travail musical, de ses premières créations jusqu’à ses plus récentes “Etudes pour piano“.
artistique, Philip Glass étant lui aussi un adepte du peu, de la répétition et de la différenciation relative des tonalités les unes par rapport aux autres. Belle soirée en perspective et moment musical rare qui s’annonce dans l’espace magique du Grand Palais!
propre à cette fluo génération qui piétine allègrement les plates-bandes de ces glorieux aînés des années Madchester, Happy Mondays en tête. Sans compter sur la formidable plasticité offerte par l’enregistrement numérique pour offrir ses pistes à tout ce que la planète électro compte d’esprits tordus… Il s’en suit une avalanche de remixes sous extasy balancés par Simian Mobile Disco, Justice ou Crystal Castle, ces derniers se retrouvant également incriminés sur Disco, le
“Rêves Mécaniques” sur les fonts baptismaux… The Hacker dresse un panorama sonore d’une rare noirceur, aux rythmiques lourdes et inquiétantes se superposant à des lignes stridentes qui vont feront frissonner au creux du siège de votre voiture, en rentrant la nuit par de petites routes… Plus encore que le single “Radiation” présent sur le même album, “Village of the Damned” est un titre que l’on croirait écrit pour servir de bande originale à une apocalyse péri-urbaine où l’anonymat des cités dortoires serait devenu un noir poison contaminant… Soundscape potentiel de tous les films de zombies et de tous les Silent Hill du monde, c’est un cauchemar numérique devenu réalité, où, à l’instar de la pochette de l’album, une simple cassette analogique peut se transformer en une lame de rasoir trop aiguisée…