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« Un Baiser, s’il vous plaît » : une petite coupe de champagne (disait Kierkegaard)???

Un petit commentaire rapide du dimanche soir (trêve des confiseurs oblige…:-)) pour prolonger le plaisir pétillant du dernier film d’Emmanuel Mouret. En dépit d’un scénario qui tient sur un simple recto et de quelques longueurs (vingt minutes auraient pu, comme souvent en ces heures de bavardages cinématographiques, être épargnées), "Un Baiser, s’il vous plaît" parvient à conserver le charme scintillant de son propos, à savoir un marivaudage bourgeois sur le désir, la tentation et les sentiments.

"Avant de donner un baiser, on ne sait pas s’il sera petit ou grand". Avec ce postulat qui ferait presque songer au "Journal du Séducteur" de Kierkegaard, Emmanuel Mouret tire de son quatuor (Virginie Ledoyen, décidément charmante, Julie Gayet, Michael Cohen et le réalisateur lui-même) une étude intéressante morale. Quand sait-on avec certitude que l’amitié n’est pas de l’amour, que partir est plus courageux que rester? C’est en croisant deux histoires similaires de rencontres entre un homme et une femme (dans une mise en abîme un peu téléphonée et maladroite) qu’Emmanuel Mouret, probablement nostalgique de ses études de mathématiques pose les données d’un problème dont les réponses semblent simultanément multiples (l’amour du verbe, celui de Schubert ou l’amour pur de la sensualité) et pourtant bien limitées à une seule : oser aller au-devant du désir et savoir taire les mots.

Certes, en cet art littéraire de la mise en oeuvre cinématographique des incertitudes amoureuses, nul n’égale la perfection rohmerienne de "Contes d’été", y compris dans la fluidité et la liberté de sa mise en scène. Emmanuel Mouret, qui cite dans ses films de chevet ""L’Opérateur" de Buster Keaton et "La Folle Ingénue" d’Ernst Lubitsch, aime à filmer désuet, frontalement, limitant la mise en scène au strict minimum et aimant à désincarner un tant soit peu ses dialogues, à la manière d’un François Truffaut revisité par Christophe Honoré (cf. "Dans Paris"). On gardera pourtant longtemps le souvenir de Virginie Ledoyen annonçant à son mari qu’elle le quitte: droite, juste, légitime dans ses désirs et pleine de tendresse pour l’être quitté, elle offre dans cette scène un beau moment nu de cinéma et montre à nouveau son talent, tel qu’on l’avait peu revu depuis l’admirable "La Fille Seule" de Benoit Jacquot.

Une belle surprise d’hiver donc, qui n’effacera pas les oeuvres de ses modèles (in)-avoués (Woody Allen, Eric Rohmer, François Truffaut voire Jacques Becker), mais laisse une sensation de fraîcheur et d’intelligence plus que séduisante!

Joyeuses fêtes acidulées à tous 😉 !!

N

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