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"Aguirre ou La Colère de Dieu" (1973) : le cinéma halluciné

« Au XVIe siècle, une expédition espagnole part à la recherche de imagel’Eldorado sous les ordres de Gonzalo Pizarro. Don Lope de Aguirre, l’un de ses lieutenants, illuminé, féroce et mégalomane, continue toujours plus loin la quête. »

Réalisé dans des conditions humaines et matérielles effroyables par Werner Herzog entre Cuzco et les forêts de l’Amazone, « «  est l’une de ces rares oeuvres hallucinées qui parviennent à durablement s’inscrire dans la mémoire. En ce sens, Aguirre trouve sa place au panthéon des folies cinématographiques, aux côtés d' » » de F.F. Coppola, du « « de D. Cronenberg et du « «  de David Lynch.

Expérience hallucinée donc, comme le premier long plan séquence qui magnifie la descente vers le fleuve de la troupe de conquistadors dans les brumes de la montagne. La photo est sublime, les plans magnifiques et le cliquetis des armes se mêle aux bruits de la jungle dans une impression de vacarme étonnante.  La mise en scène brute et onirique rend bien l’aspect hallucinatoire de cette recherche de l’El Dorado entreprise par tant d’aventuriers au cours du XVIème siècle. Poussé par une Nature terrible et lumineuse dans les derniers recoins de la folie, Aguirre (composition saisissante de Klaus Kinsky) finira par sacrifier et sa troupe et sa raison pour finir en misérable roi des singes.

Pour pleinement apprécier cette oeuvre hors norme, deux recommandations. Tout d’abord, se plonger imagedans le documentaire réalisé par Herzog en parallèle du tournage () et qui démontre combien Aguirre et Kinsky ont fini par ne plus faire qu’un et donner naissance à un personnage monstrueux et fascinant, qui aura définitivement eu raison de l’artiste lui-même.

Ensuite, se procurer deux romans déraisonnables sur l’errance et l’oubli de soi : le sublime roman de Gabriel Garcia Marquez « « , relatant les dernières semaines du général Simon Bolivar, grand libérateur de l’Amérique du Sud, confronté à sa propre mort et à son propre voyage sur le fleuve le menant inéxorablement vers la disparition ; et le classique « « , écrit en 1899 par Joseph Conrad, récit symbolique d’un Occident barbare perdu dans la colonisation du Congo et naissance du personnage-mythe de Kurtz, auquel Marlon Brando prêtera lui aussi son visage halluciné dans la jungle vietnamienne d' »Apocalypse Now« .

D.N

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