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Le single de la semaine #10: J-Pop matters!

Konbawa!!

Cela n’étonnera personne… 😉 De passage au Japon, il m’était indispensable de partir à la découverte de nouveaux singles J-Pop bien sentis en passant quelques heures dans le HMV de Shibuya (le plus grand de l’archipel) et le Tsutuya tout proche… De mes nombreux défauts et / ou passions inexpliqués, je confesse une attirance non contrôlée pour la J-Pop tendance pop-rock du pays du soleil levant… en attendant peut-être (bien qu’improbable) de céder aux sirènes des idolu nippones, ces jeunes et graciles chanteuses aux yeux de biche qui poussent la chansonnette sur des arrangements sucrés (entendu pas plus tard qu’il y a trois heures, une version remix club de "Ce rêve bleu" (si, si…) par une obscure – at least pour moi – chanteuse japonaise!).

Voici donc deux singles à écouter d’urgence (dont un tout frais sorti ce mois-ci!) pour connaître autre chose de la musique japonaise contemporaine que les génériques de dessins animés (vu et entendu à Kamakura il y a 2 jours deux fillettes japonaises chanter à tue-tête l’hymne de Mon Voisin Tottoro dans la rue… 🙂 trop kawai !!)

– Le (old) single : Happy End, "Dakishimetai " sur l’album "Kazemachi Roman" (1971)

Deuxième album de Happy End sorti en 1971, "Kazemachi Roman" est une merveille de pop-rock seventies, influencée par le Buffalo Springfield, Grateful Dead, Jefferson Airplane et la vague néo-folk et pourtant irrésistiblement japonais.  A l’époque où la J-Pop n’existait pas encore en soi, le Japon des 70’s étant encore trop occupé à transformer la défaite militaire en victoire économique et donc à copier respectueusement le modèle américain pour prétendre faire émerger une culture musicale vernaculaire. Happy End ne l’entendait pas de cette oreille et allait ouvrir la voie pour les générations à venir: excellents instrumentistes, au moment où les maisons de disques locales ne songeaient qu’à pousser des clones des Beatles avec 10 ans de retard, ils seront les premiers à écrire du rock en japonais (ouvrant la voie aux artistes d’aujourd’hui, notamment Mr Monster, Pizzicato Five et même la pop idolu Ayumi Hamasaki) et à insuffler une dimension nostalgique dans le song writing (Takashi Matsumoto, l’un des membres du groupe devenant par la suite l’un des plus importants paroliers de la musique nipponne), cherchant à esquisser sur cet album un portrait du Tokyo pré-Jeux Olympiques de 1964, date à laquelle Nicolas Bouvier dans ses "Chroniques japonaises" date la rupture culturelle majeure d’un Japon moderne décidé à revenir, humble mais acharné, dans le concert des nations.

C’est donc un soundscape d’une capitale japonaise en pleine modernisation que propose Happy End sur cet album. "Dakishimetai" illustre bien ce rock nostalgique, à mi-chemin entre acoustique et électrique et dont la production (datée, reconnaissons-le) a un charme fou, celui des pédales wah-wah et des harmoniums. Mélodie entêtante qui accompagne avec bonheur une balade au petit matin dans un Tokyo qui ne cesse de changer et de rester pourtant fidèle à une certaine idée du Japon.

– Le (new) single : Asian Kung-Fu Generation, "After Dark" sur l’album "World, World, World" (2008)

Quatrième album d’Asian Kung-Fu Generation, quartet pop-rock notamment connu pour l’utilisation de certains de ses titres dans les B.O d’animes japonais récents (Naruto et Full Metal Alchemist), "World World World" est un opus plus rock que les précédents et donne une impression très sautillante après une première écoute au casque au 2ème étage de Tsutuya :-). On pense à un mix entre la nouvelle scène rock festive anglo-américaine pour l’usage des guitares et des chorus (Franz Ferdinand, Artic Monkeys) et la J-Pop enjouée d’un Jackson Vibe ou d’un Exile. C’est énergique, les mélodies accrochent à la première écoute et les titres font preuve d’une belle variété, alternant l’urgence (To You, The Departing, avec une bonne base rythmique et un jeu de guitare très vif ou Planet) et un lyrisme de bon aloi (Laika, Neoteny ou l’élégant instrumental d’ouverture World World World).

Si on ne devait citer qu’un titre, "After Dark" sortirait tout de suite du lot: court, bien envoyé dans sa conception, il résume bien la tonalité de ce nouvel album: racé et bondissant! Un très bon opus qui s’écoutera avec plaisir dans le Narita Express direction Seattle 😉

Sayonara,

Nikko-chan

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