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Faulkner… à perte de vue!

Excellent billet dédié au monstre Faulkner sur le blog «  » de Pierre Assouline, à imagel’occasion de la publication d’une biographie fort alléchante signée par André Bleikasten (William Faulkner. Une vie en romans, Aden). Faulkner, bien sûr, encore et toujours… et ce billet m’a donné envie de me replonger dans les chaleurs du Mississippi et l’énorme machine, l’implacable machine littéraire qu’est l’oeuvre de Faulkner.

Grands romans terriens (le sublime « Lumière d’Août« , souvent considéré par les amateurs comme le très grand roman classique, « Sanctuaire », « Absalon, Absalon »), constructions quasi-expérimentales des années 30 érigées à grand coup de focalisation interne, de narration démultipliée et de très Woolfien « stream of consciousness » (« Le Bruit et la Fureur« , « As I Lay Dying« ) et même les romans à moitié réussis mais attachant par la virtuosité de quelques scènes, qui ont vite fait de pousser dans l’oubli tout ce que la littérature contemporaine (et française en particulier) prétend en modernité (cf. la scène amoureuse et aérienne de « Pylone« ), …, en toutes circonstances, la lecture de Faulkner est une leçon constante de style, d’économie et d’énergie.

Sans compter l’aventure humaine de l’écrivain, si propre à cette littérature anglo-saxonne qui sait se nourrir de ses excès et ses noirceurs pour mieux inventer… Il est vrai qu’on imagine assez mal le récit « bigger than life » que l’on pourrait tirer de la biographie d’un Robbe-Grillet (un botaniste hermétique), d’un Houellebecq (un agronome érotico-triste) ou d’un Modiano (nostalgiste rive Gauche?), mais bon, passons, je m’égare, les personnalités tonitruantes des lettres françaises s’étant éteintes au XIXè siècle et celles d’aujourd’hui cultivant leur talent dans une belle discrétion (cf. le regretté Julien Gracq ou les Butor, Echenoz, Quignard…).

« Bigger than life » donc, comme dans la bande-annonce d’un film hollywoodien où Faulkner se perdra dans un grand sommeil créatif, avant de repartir à l’abordage de la littérature. Faussement aristocrate mais véritablement alcoolique, ouvert aux idées neuves et naturellement ségrégationniste, aventureux mais amoureux de son comté imaginaire : relire Faulkner, ça ouvre à la complexité humaine, et, comme Shakespeare, ça donne des leçons de vie au quotidien 🙂

Allez, les vacances approchent, emportons un tome sudiste dans nos bagages…

N

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