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Back To Classics #3: Le Sacre du Printemps ou Sécession faite danse

Travail de titan que celui accompli par : au bout de plus de quinze ans de recherches acharnées, puisant dans toutes les archives, remontant à toutes les sources, y compris les proches de maître, la chorégraphe et historienne de la danse américaine est parvenue à reconstituer en quasi-intégralité la chorégraphie originale du Sacre du Printemps telle qu’imaginée en 1913 par Vaslav Nijinski. Ce joyau brut, radical, dont la modernité abrupte, presque primitive, avait créé le scandale dans le Paris de l’avant-guerre et s’était vue déprogrammé après seulement huit représentations, avait vu sa chorégraphie longtemps évanouie dans l’ombre de la polémique et sa puissance originelle oubliée, travestie par des mises en scène conventionnelles et prophylactiques. Représentée dans sa forme initiale en 1987 par le Joffrey Ballet à Los Angeles, la chorégraphie de Nijinski est ici interprété par le ballet du Théâtre Mariinski (l’ex-Kirov de l’ére soviétique) à l’occasion des Nuits blanches de Saint-Pétersbourg.

Sous la direction de Valery Gergiev, la chorégraphie de Nikinski retrouve toute sa radicalité et s’affranchit de toutes les figures classiques de la dance (solo, pas de deux, virtuosité technique,…) pour s’approcher au plus près du livret de Stravinski: la renaissance de la Nature à la sortie de l’hiver, la transe des saisons et l’exploration symbolique du couple féminin / masculin. Danse collective donc, danse d’imploration et de célébration et danse des origines avant tout. La mise en scène participe de cet élan primitif en faisant surgir un décor de Nouveau Monde et habillant les danseurs de parure rappelant les tribus indiennes d’Amérique. Nijinski, influencé par l’art de son époque, et particulièrement par la puissance graphique de l’école viennoise de début du XXème siècle, a imaginé une pièce qui reste encore étonnante par son actualité tribale et sa liberté de ton. Comment ne pas penser à l’exceptionnelle Frise Beethoven réalisé par Klimt pour le Pavillon Sécession de Vienne, en découvrant ses figures de groupe mi-spectrales, mi-primitives, déclinant à l’infini leurs pas bruts et langoureux au gré des arythmies de la partition de Stravinski?

On ne pourra que regretter que la direction impeccable de Gergiev ne soit pas toujours servi au mieux par une troupe du Mariinski peinant parfois à respecter les alignements ou la synchronisation des figures. Mais sans doute est-ce le prix à payer pour retrouver le goût aigu des origines…

N

Gergiev à Saint-Pétersbourg, Le Sacre du Printemps. Livret : Igor Stravinski et Alexandre Benois
Chorégraphie : Vaslav Nijinski; Direction musicale : Valéry Gergiev; Réalisation : Denis Caiozzi (France, 2008, 40mn); Coproduction : ARTE France, Bel Air Media. Enregistré au Théâtre Mariinski le 20 juin 2008

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