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Into the Wild #1: Vancouverite ! (Vancouver, Canada)

Après n’avoir cessé de clamer à longueur de billets que certains singles de la semaine ne sauraient s’accorder qu’avec un cocktail siroté en prenant le soleil du soir dans la baie de Vancouver, mettons donc à l’épreuve du quotidien l’autre capitale du Northwestern Lifestyle ! Premier billet d’une série estivale sur la vie format Wild West!

– Living the Good Life : tel pourrait être le slogan d’une ville de Vancouver où le quotidien s’inscrit dans un cadre géographique exceptionnel. Capitale de l’Ouest, donc de cet art de vivre laidback Culture rime souvent avec  Nature, Vancouver affiche avec fierté son ouverture au monde, sa confiance parfois enfantine dans le lendemain et une farouche volonté de voir le verre à moitié plein…. Il est vrai que le voyageur qui déambulera dans ses rues et flânera au gré de ses inspirations découvrira une ville enchâssée dans une Nature rayonnante: encerclée d’eau et de montagnes, assiégée de forêts somptueuses, bordée par Stanley Park, le plus vaste parc urbain d’Amérique du Nord (et peut-être le plus beau, devançant même Central Park et Golden Gate Park par la beauté spectaculaire de ses perspectives et sa succession de plages) : Vancouver semble avoir été bâtie sur un emplacement idéal, si ce n’était la présence d’une faille sismique qui fait peser sur toute la région la menace d’un Big One potentiellement aussi destructeur qu’en Californie. Aussi ne sera-t-on pas étonné de constater l’évidente satisfaction des habitants de Vancouver à résider dans une ville où développement économique, qualité de vie et environnement paraissent faire si bon ménage…. Ajoutons-y un soupçon de charme européen qui parcourt les rues ombragées et très vivantes du West End et les allées résidentielles qui bordent Granville Street au sud de la ville pour obtenir un séduisant cocktail urbain aux tonalités très Nature.

– City of Two Faces : les prochains Jeux Olympiques d’Hiver auront lieu en 2010 à Vancouver. Bénéficiant d’une situation exceptionnelle, à moins de deux heures de route de Mont Whistler, immense et très BCBG station de ski, le comité d’organisation n’a pas chômé afin de pouvoir montrer au monde, avec une pointe d’orgueil anglo-saxon, combien la ville avait changé ces vingt dernières années… Et de profiter de l’évènement pour enfin construire une nouvelle ligne de métro (la Canada Line) pour mieux relier l’aéroport avec le centre-ville ou d’attirer les grands noms internationaux de l’architecture (Foster, Koolhas, …) afin de compléter le skyline par quelques nouvelles tours spectaculaires véhiculant comme le front de Pudong à Shanghai l’image d’une nation en pleine confiance. Epitomé de cette nouvelle nation BC (pour British Columbia), la métamorphose dans les années 90 du quartier de Yaletown, apogée des  programmes de revitalisation urbaine des centre-villes en Amérique du Nord et qui devait inspirer de nombreux autres programmes du même type, notamment en Asie (XianTianDi à Shanghai par exemple). Hip dining, shopping and luxury condo ! Tel pourrait être la devise de Yaletown. Autrefois peuplé de nouveaux immigrants, de marchands de tissu et d’entrepots, ce quartier d’iron cast buildings rappelant le SoHo new-yorkais des années 60 fut longtemps celui des dealers et de la prostitution, avant de voir les artistes et autres bars branchés envahir Hamilton et Main Street au gré de la réhabilitation des anciens ateliers pour en faire la sakarita (ville où l’on sort). Puis, gentryfication oblige, les jeunes cadres y ont à leur tour posé leurs bagages, militant au passage pour la création d’espaces verts comme le David Lam Park pour mieux promener bébé et adoucir au passage la poussée immobilière verticale des condominiums de luxe.

"There is life out of Yaletown, move east!" clame une affiche vantant les mérites d’un nouveau programme immobilier haut de gamme… Certes, répondront les Yuppies (Young Urban Professionals), Dinkies (Double Income no Kids) et autres Newppies (Newly Parent Professionals), mais dans quel autre lieu pourrions-nous disposer du triptyque magique : Loft avec vue imprenable / Environnement kid-friendly & daily luxury / quartier branché pour éteindre dans l’instant cette irrépressible envie de cuisine Fusion Thaï ou de jean’s For All Mankind ?

Vancouver ne saurait pourtant se résumer à cette active nonchalance upper-middle class, tant la ville offre un double visage, celui, radieux, d’une cité moderne et multi-ethnique épanouie, et celui, hideux, d’une société ghetto où homeless, drogués et malades mentaux sont emprisonnés à l’air libre de Hastings Street ou des parcs de la ville. Nulle part ailleurs au Canada, on ne peut contempler un tel spectacle de misère urbaine, rappelant les plus noires heures du quartier du Bronx new-yorkais. A deux pas de Gastown, cœur historique rénové de Vancouver, vivent les fantômes du rêve nord-américain, traînant leurs guêtres sur le bitume défoncé, divaguant pour certains, fouillant la moindre poubelle pour d’autres, tous traînant leur chariot de fortune au milieu de quelques touristes apeurés et de locaux se hâtant de passer leur chemin. Pendant infernal du Paradis Yaletown, le quartier du Downtown Eastside rappelle à qui veut les voir que les skidrows (littéralement ceux qui ont dérapé) n’ont pas de deuxième chance dans la douce cité de Vancouver. Ghetto en plein centre-ville, Downtown Eastside affiche le taux de VIH le plus élevé du monde occidental, sans que cela n’empêche l’actuel premier ministre canadien d’affirmer que le problème sera réglé pour les Jeux Olympiques. Pieuses espérances, d’ailleurs brocardées par la presse locale, qui, en attendant un miracle, chronique quotidiennement les errances de citoyens canadiens à l’abandon.

– Asian Flavoured : "gyoza, sushi and iyakaya madness"! Vancouver est sans nul doute la ville de la cote Ouest la plus visiblement ouverte à l’Asie. San Francisco comporte bien une communauté asiatique (majoritairement chinoise) démographiquement plus importante, mais moins diffuse et moins intégrée dans la ville. Vancouver a elle aussi son Chinatown, quelques blocks situés au centre-est de la ville, bordés par la Millenium Gate et le jardin du Docteur Sun Yat-Sen (agréable reconstitution moderne d’un jardin de lettré Ming inspiré de ceux de Suzhou, … la spiritualité en moins), mais affiche surtout sa nature asiatique au-delà de tout phénomène communautaire. Contemplant l’Asie de l’autre coté du Pacifique, Vancouver s’est très tôt ouvert aux flux migratoires et a accueilli Chinois, Japonais, Coréens, puis Vietnamiens, Laotiens, Indiens, Philippins, Indonésiens au cœur d’une Colombie Britannique qui ne sera resté que fort peu de temps engoncée dans son austérité chic toute victorienne. Vancouver est aujourd’hui autant une ville anglo-saxonne qu’une ville asiatique et son métissage au quotidien (même si les communautés se mélangent encore timidement) en fait une ville réellement cosmopolite où l’on peut déguster des gyozas comme à Osaka (chez , 1508, Robson Street, à l’angle de Nicola Street), un Tigre qui Pleure comme à Bangkok et des dim sum comme à Canton… et finir la soirée en chinant dans les marchés de nuit chinois de Keefer Street ou indiens d’East End !

Nicouver

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