Next Exit Please : Le Blog Culturel
Expos, musique, livres, photos, voyages et … Asie!

Le Single de la semaine #21: Synth is back (again!)

Konbawa!

Ainsi, le miracle Obama ne parvient pas à éclipser l’ambiance grisâtre d’un automne 2008 mâtinée de crise financière? Qu’importe! Dans ces situations comme dans beaucoup d’autres, un remède emporte tout sur son passage, un bon single survitaminé au synthétiseur comme en ces heures insouciantes et bruckheimeriennes des années Reagan, où le drapeau américain flottait au vent comme figée dans le reflet épais et nécessairement bleuté des RayBan de Tom "Maverick" Cruise…

– Le (old) single : The Killers, "Smile Like You Mean It" sur l’album "Hot Fuss" (2004)

Rendons aux Killers ce qui revient aux Killers! La réintroduction du synthétiseur nappé de guitares rock fut la marque de fabrique de leur premier album magistral. Ce "Hot Fuss" impressionna par sa noirceur sautillante et sa capacité à moderniser un rock eighties empruntant autant à Duran Duran, Pet Shop Boys ou David Bowie période US qu’aux constructions en rupture de The Smiths ou The Cure. Si les titres "Somebody Told Me", "Mr Brightside" ou "Jenny was a Friend of Mine" devinrent rapidement des hymnes de l’année 2004, d’autres tracks de l’album méritaient tout autant l’attention. Ainsi, "Smile Like You Mean It", fausse livrée rock poudrée d’ironie glaçante annonçait véritablement le virage pris sur le deuxième album "Sam’s Town", à savoir une approche plus directement pop et parfois baroque dans ses arrangements synthétiques ("Read My Mind", "Bones", "Why Do I Keep Counting"), où l’influence de Queen prédomine (comme chez nombre de groupes pop-rock depuis 2004, Panic at the Disco en tête) dans l’écriture et la part belle faite aux choeurs et aux ruptures de rythme. Brandon Flowers, chanteur-leader du groupe, joue de sa voix pour se faire glamour ou distant, tandis que le reste du groupe s’amuse à sonner tantôt comme U2 (pour les guitares), tantôt comme Depeche Mode ou INXS… Désinvolte mais sans illusion (Save some face, you know you’ve only got one / Change your ways while you’re young), le single déploie une parfaite mécanique eighties qui parvient toujours à s’interrompre au moment même où elle risquerait de ne plus devenir qu’une caricature et finalement réussir à marier l’énergie sans lendemain des années 80s avec la mélancolie aiguë des années 90s. Sautant à cloche-pied dans des influences contraires, The Killers incarnent cette nouvelle génération musicale des années 2005 and co: pillant sans vergogne les anciens mais sachant qu’elle sera elle-même dépouillée par la , elle retrouve, par moment, la candeur gracieuse de ceux qui pensent mettre à jour quelque chose de complètement nouveau.

– Le (new) single : The Virgins, "Teen Lovers" sur l’album "The Virgins" (2008)

New York n’en finit définitement pas de se réinventer, passant en moins de 10 ans de la révolution rock des Strokes au , sans oublier de cultiver sa noire élégance glacée avec . Et de remettre au goût du jour aujourd’hui un glam-rock sexy et effronté, dopé aux acides de synthèse. Etonnante boucle historique qui ramène 30 ans en arrière à l’ère des groupes à maquillage et des pantalons en cuir moulant. , dernière groupe-météorite expulsé des entrailles de Big Apple, a tout bien lu son abrégé du glam-rock en 10 leçons et a même suivi son premier semestre de synthé illustré… Il s’ensuit un album de glamourous indie rock n’ roll (pour reprendre le titre d’un morceau des… Killers), où les basses élastiques, les rythmiques funky et les lignes de synthé s’associent pour sonner comme un cousin urbain dégrossi de Kings Of Leon métissé d’influences new-yorkaises (The Strokes mais en version dansante)… Bref, la version NYC d’un Franz Ferdinand, qui aurait grandi non pas abreuvé des Beatles et Gang of Four mais nourri au grain de Talking Heads et The Rapture. Après un premier single funky bling-bling ("Rich Girls") répété à l’infini sur les radios indie, l’album dévoile heureusement autre chose qu’une collection de titres élaborés avec les mêmes ingrédients et montre que les membres du groupe n’ont pas oublié de lire aussi leurs classiques (Velvet Underground, Patti Smith, pour qui ils ont oeuvré en première partie, …) sur des titres comme "Love is Colder Than Death" (merci Fassbinder!) ou "Fernando Pando". Toutefois, c’est dans le registre pop-rock bubble-gum et déluré que les new-yorkais excellent. Preuve en est ce "Teen Lovers" d’à peine 2 minutes gonflé aux hormones adolescentes et qui sonne exactement comme un one hit wonder des années 80’s et qui ne manquera pas de séduire la génération Y avant qu’elle ne passe à autre chose la semaine prochaine… Ca balance, comme on disait en 1982…

Sayonara,

The Nicos

Publicités

Aucune réponse to “Le Single de la semaine #21: Synth is back (again!)”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :