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Ex/Po!: Richard Avedon – Photographs 1946 – 2004 (Louisiana Museum, Danemark)

Suite à mon précédent post sur l’exposition Lucian Freud et comme promis (je profite de ma non-pause déjeuner :-), je n’ai pu m’empêcher d’écrire une rapide "rave" sur l’exposition Richard Avedon, présentée en avant-première mondiale au Louisiana Museum of Modern Art (dernière journée ce dimanche, dépêchez-vous!) et qui sera montée à la Galerie du Jeu de Paume de Paris courant 2008 (bon, finalement, vous avez une deuxième chance!).

Je ne reviendrai pas sur la qualité muséographique que propose le Louisiana: le lieu est superbe, lumineux, l’espace confortable et les 250 clichés exposés sont tous encadrés et mis en lumière avec sobriété et intelligence. En un mot, un superbe travail qui confirme l’excellence de la direction du musée en matière de mise en "oeuvre" et de programmation (l’exposition Lucian Freud donc, mais aussi une passionnante plongée dans l’art de la miniature islamique et les derniers grands formats du sur-côté peintre israélo-danois TalR étant proposés au public en parallèle !!).

Cette exposition fait date puisqu’il s’agit de la première rétrospective de cette ampleur consacrée à Avedon depuis sa disparition en 1994. Avedon…: à la simple mention de son nom, on pense Harper’s Bazaar et Vogue, glamour fashion, celebrities et beau gosse surdoué. Voilà pour le côté people et paillettes qu’Avedon ne cherchera jamais à fuir et embrassera au contraire avec passion, pour mieux cerner ses proies photographiques. Mais Avedon, pour les amoureux de l’art photographique, c’est aussi: technique noir et blanc flamboyante, fluidité des poses et innovation des formats, sincérité des portraits, curiosité et perfectionnisme permanents qui feront de lui un travailleur acharné, ne posant quasiment jamais son reflex et continuant perpétuellement à aiguiser son regard au fil des années. Il ne dira d’ailleurs lui-même pas le contraire, lorsqu’on lui demandera ce qui le rapproche de ses maîtres (Cartier-Bresson le premier). Sa seule réponse: le travail.

C’est sur ces 60 années de création que revient le Louisiana, avec 250 clichés, presque uniquement des portraits, alternant les années mode chez Vogue, les années Pop (avec notamment le dérangeant et monumental portrait de groupe de la Factory d’Andy Warhol et le cliché de la poitrine lacérée du pop-artist suite à son agression en public) et les portraits de commande de tout ce que la planète a compté d’artistes, de penseurs et de personnalités politiques. En cela, Avedon fut à la fin du XXème siècle ce que Steichen fut aux années 30-50 (voir mon billet sur ): le  portraitiste officiel d’une certaine élite internationale, désireuse de se faire immortaliser par un photographe de mode.

        

Mais l’exposition offre surtout au regard une incroyable collection de personnalités saisies au plus fort de leur intimité, lorsque les caméras sont off  et les lumières éteintes. Le portrait de Marylin Monroe est l’un des plus saisissants, où l’on voit, loin des clichés habituels, un portrait de femme épuisée, en fin de shooting et débarrassée de son masque de starlette d’Hollywood. The Beatles, Björk, Chaplin, Karen Blixen, Stravinsky, Warhol, Truman Capote, Beckett (naturellement photogénique), Eisenhower, Francis Bacon, De Kooning… apparaissent tous sous un jour nouveau, comme à l’ombre de leur notoriété.

                     

Enfin, une magnifique galerie de portraits "on the road" réalisé à la demande du Amon Carter Museum sur plus de six ans montre tout l’art d’Avedon et sa fantastique plasticité: photographiant les sans-grades et les oubliés du rêve américain, . Réunis dans l’ouvrage "In the American West", ces portraits peuvent déranger, car, si Avedon traite ses sujets avec une infinie dignité et la même attention qu’il consacra à photographier les "happy few", il tend, par son propos esthétique, à faire oublier la nature véritable de ce qu’il représente, à savoir une certaine misère américaine, et parvient, tant son art photographique est grand, à faire d’un ouvrier de champs pétrolifères une icône moderne, sublimée par un noir et blanc dense et ravageur et presque irréelle, comme saisie en plein défilé de mode.

                                            

A la sortie de cette rétrospective, on ne peut que s’incliner devant l’immense talent déployé par Avedon tout au long de sa carrière et vous encourager à vous précipiter à la Galerie du Jeu de Paume lorsque l’exposition y établira demeure !

PS: Une intéressante série d’entretiens accordés par Richard Avedon en 1993, quelques mois avant sa disparition:

Nikko-n

Richard Avedon: Photographs 1946-2004. Du 24 août 2007 au 13 janvier 2008 au Louisiana Museum of Modern Art, DK, Humlebaek

All photographs (c) The Richard Avedon Foundation

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